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Les autres types de tissages

Le Paraguay regorge de nombreuses techniques de tissage et de tissus: le bambula, le crochet, le poncho para’i, le kyha ou encore le lienzo rustico.

Bambula

Le Bambula est un tissu fin, très léger et soutenu. Au toucher très agréable, on peut retrouver ce tissu en coton ou encore en soie. De teinte naturelle, lorsqu’il est tissé il donne l’apparence d’être froissé. Il est essentiellement utilisé dans la fabrication de robes, de chemisiers, de jupes, de foulards et de pantalons. Très apprécié pour sa douceur et sa légèreté, on le retrouve surtout dans la conception de linge de printemps et d’été. La caractéristique principale du Bambula se trouve dans sa texture : composé d’innombrables plis, il donne vie au tissu. On pourrait l’apparenter au « tissu crépon ». Le tissu Bambula est réputé pour son excellente qualité.

Le crochet

Le crochet est un type d’aiguille composé d’une encoche à l’une de ses extrémités. Celle-ci permet de retenir le fil avec lequel se réalisent différents ouvrages en mailles plus ou moins épaisses. Les fils utilisés sont en laine et leurs diamètres sont assez élevés et peu élastiques.Pour crocheter, il s’agit de nouer un fil tout en visant à la conception d’un tissu plus ou moins extensible selon la fibre utilisée et le type de point choisi. Les ouvrages en crochet se retrouvent dans la décoration intérieure de la maison, très souvent en napperon, en serviettes ou en rideaux, mais aussi dans la conception de vêtements ou encore même de boucles d’oreilles et même pour décorer les hamacs. Le crochet est utilisé comme substitut à la dentelle car il est moins coûteux que celle-ci. Il est possible de le travailler avec plusieurs coloris pour obtenir un motif, comme par exemple des rayures, et les ouvrages peuvent être plats comme tridimensionnels.

Le poncho para’i

Le Poncho Para’i de 60 listas s’appelle ainsi car il dispose de 60 rayures de l’une des couleurs tissées. Véritable symbole de Piribebuy, le Poncho Para’i est le grand favori des artistes folklores paraguayens et des hommes politiques.

À la mi-janvier et depuis 2002, le festival du Poncho Para’i rassemble des milliers de personnes chaque année. Danses folkloriques, musiques traditionnelles et humouristes sont à l’honneur. L’objectif du festival est de maintenir la technique ancestrale de la confection de ce tissage et de répandre son importance culturelle. Des démonstrations et des ateliers de confection de poncho sont ouverts à tous tout au long de l’évènement.

Le 11 Janvier 2005, la technique de confection du Poncho fut déclarée Patrimoine culturel intangible. Pour fabriquer le poncho en Para’i, il faut être minutieux et patient, sa conception se fait fil après fil. La taille standard du Poncho est de 2 mètres de long et 1m 15cm de large et il pèse entre 835 et 850 grammes.

Le kyha

« Un arbre n’est pas seulement un arbre, il s’implante dans la terre et se projette jusqu’au ciel. Ses racines vont à la rencontre des mémoires de la Terre »

Le Kyha est essentiellement utilisé dans la confection de hamacs. Pour tisser, les femmes paraguayennes se placent autour d’un arbre et fixent les fils directement au tronc. Comme le cordon ombilical relie l’enfant et la mère, elles sont ainsi en connexion intime avec la Pacha mama, la terre-mère. Les symboles géométriques ne sont pas dessinés au hasard, ils coïncident avec des concepts universels et sont de très grandes précisions : c’est une science qui se fond avec l’art. Bien que très léger, le hamac peut supporter jusqu’à près de 200 kilos. Une fois terminé et le hamac installé, vous vous trouvez à votre tour en communion entre terre et ciel.

Le lienzo rustico - ou lienso

Le Lienzo est une toile utilisée initialement comme support pour peindre. Les tissus les plus utilisés dans sa confection sont en lin, en chanvre ou en coton. Ceux en lin sont plus coûteux mais également de plus grande qualité, leur tissage est à la fois irrégulier et rigide. Les défenseurs du lin soutiennent que la peinture glisse mieux sur cette toile que sur le coton et que toute la beauté est justement dans l’irrégularité de sa trame. Les toiles en coton sont quant à elles plus flexibles, le tissage est régulier mais les couleurs vivent moins longtemps que sur une toile en lin. Pour obtenir une toile rustique, il suffit de former un tissu à grosgrain, c’est-à-dire que les points et les fils sont plus épais et plus marqués. Avant de se mettre à la colorer ou de la peindre, la toile se nettoie pour éliminer certaines traces de fabrication, pour que les fils se resserrent et que la toile rétrécisse un peu. Il ne reste plus qu’à la plancher et la toile est prête à être retravaillée.