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La mythologie guaranie au Paraguay

Les mythes et légendes guaranies alimentent les croyances paraguayennes.

Mythologie Guarani du Paraguay

Selon la mythologie de la création guaranie, le Dieu suprême se nomme Tupá. Il est descendu du soleil et a atteint la colline d’Aregúa au Paraguay, aidé par la Déesse de la lune, Arasy. Du haut de cette colline, il fonde l’univers et l’humanité mais aussi les esprits du bien et du mal : Angatupyry et Taú. Par la suite, il créé les premiers hommes : Rupave et Sypave. Ensemble ils ont eu beaucoup d’enfants. Parmi leurs enfants, Marangatú revêt le rôle de leader bienveillant et généreux envers son peuple. À son tour, Marangatú a eu une fille, Karaná. Taú, l’esprit du mal, charmé par cette dernière, l’a voulu à ses côtés. Pour la séduire, il se transforme en un beau jeune homme. Pour protéger Karaná, Angatupyry, l’esprit du bien, tente de s’interposer. Ils se battent sans interruption durant sept jours et sept nuits jusqu’à ce que Taú l’emporte sur Angatupyry. Taú kidnappe Keraná avec laquelle il a sept enfants. Face aux agissements de Taú, la fureur de la déesse suprême Arasy se serait abattue sur leurs sept enfants. Pour le punir, elle aurait jeté une malédiction qui condamne ses enfants à avoir l’apparence d’horribles monstres. À la naissance, chacun de ces spécimens est rattaché à des éléments de la nature.

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Teyú Yaguá, corps de lézard et tête de chien, mythologie Paraguay

Le premier d’entre eux est le fils Teyú Yaguá. Son apparence est celle d’un être hybride avec un corps de lézard et une tête de chien. Selon la légende, ses yeux ont la faculté de lancer des flammes. Malgré son regard de tueur, il est vu comme une bête calme à l’humeur douce. Certains le décrivent comme un être dont le corps à la peau écailleuse peut briller intensément. Il est caractérisé comme étant le protecteur des fruits et l’esprit des caves, car selon les mythes, il dissimule des trésors dans les caves.

																					
Mythologie guarani, Paraguay

Le second fils, Mbói Tu’i, est connu pour être le seigneur des eaux et des créatures aquatiques. Il protège les espaces humides et la vie aquatique. Tout comme son frère ainé, il a un physique hybride puisque sa tête de perroquet couverte de plumes est rattachée à un corps de serpent à la peau écailleuse. Une autre de ses particularités est d’avoir une langue fourchue couleur sang. Son puissant croassement a pour conséquence d’effrayer tous les individus aux alentours.

																					
Moñái, le 3ème monstre légendaire issu de Taú et Karaná

Vient Moñái, le 3ème monstre légendaire issu de Taú et Karaná. Il est le seigneur de l’air et de l’esprit des champs. Comme Mbói Tu’i, Moñái possède un corps de serpent géant. Il a sur le haut de la tête deux cornes dressées et droites qui s’apparentent à des antennes. Il peut également grimper aux arbres avec une grande facilité et chasser les oiseaux pour s’alimenter. Le pouvoir hypnotique de ses antennes lui permet de dominer mentalement sa proie. Pour beaucoup de croyants du mythe guarani, Moñai est une créature diabolique qui pille et vole dans les villages en semant la discorde entre les habitants qui s’incriminent les uns les autres. Il accumule son butin dans une caverne.

																					
Yasy Yateré, unique enfant de Taú et Keraná

Yasy Yateré qui signifie « morceau de lune » serait, quant à lui, issu du mythe de la lune. Pour les Guaranis, il est considéré comme l’un des Dieux les plus importants. Il est l’unique enfant de Taú et Keraná  à avoir une apparence humaine. En effet, il s’agit d’un enfant jeune, nu, de petite taille, aux yeux bleus et aux cheveux blonds ondulés.  Il est également vu comme le protecteur de la plante yerba mate et maitre de la sieste. Selon les récits, il sillonne les villages à la recherche d’enfants encore éveillés à l’heure de la sieste. Il est souvent décrit porteur d’une canne, qui lui sert de baguette magique, et d’un sifflet. Il peut ainsi les contrôler et les attirer dans son reperd, la forêt. Il a aussi la capacité de les endormir. Toutefois, le mythe de Yasy Yateré possède deux versions différentes de ce qu’il advient de ces enfants une fois enlevés à leurs parents. La première version, plus modérée, raconte qu’il les kidnappe pour jouer et les nourrir avant de les restituer aux familles. La seconde version, plus morbide, est qu’il les torture avant de les offrir en festin à son frère cannibale, Aó-Aó. La légende de Yasy Yateré est encore aujourd’hui narrée aux enfants désobéissants  dans le but de les convaincre de faire la sieste.

En tant qu’esprit de la fertilité et de la sexualité, Kurupí est célèbre pour son sexe viril. En effet, il a un membre démesurément grand qu’il enroule plusieurs fois autour de sa taille. Son pénis lui permet de saisir des objets, de s’accrocher et surtout d’attraper à distance les femmes pour les mettre enceintes. Il attaque les femmes qui s’aventurent seules dans la jungle. Il a un penchant pour les femmes vierges qu’il kidnappe avant de les laisser resurgir à 7 mois de grossesse. Selon les histoires, les enfants engendrés par Kurupí naissent velus, de petite taille avec un physique laid ; ils ne dépassent pas les 7 premiers jours de vie. Les nuits, Kurupí pénètre dans les maisons afin de provoquer des grossesses inattendues. Pour dissimuler leur adultère, certaines femmes enceintes accusent Kurupí d’être responsable. Il est le symbole de l’abondance puisqu’il est aussi le protecteur de la forêt, des arbres fruitiers, des récoltes et de la pluie bienfaitrice.

																					
Aó-Aó et Luisó, figures de la mythologie paraguayenne

Sixième fils de Taú et Keraná, Aó-Aó, est un animal quadrupède avec une tête de sanglier, une peau de mouton, des crocs aguerris et des griffes féroces. Son apparence est effrayante. Il se nourrit de chair humaine et poursuit les individus qui errent seuls dans les collines et les montagnes de la région guaranie. Il est vu comme l’esprit des collines et des montagnes. Le seul moyen d’échapper à cet assaillant est de grimper en haut d’un palmier sacré qui a le pouvoir de le repousser. Il a la faculté de se reproduire seul et de constituer un troupeau. Son nom « Aó-Aó » provient de l’onomatopée utilisée pour s’appeler entre membres d’un même troupeau.

L’ultime fils de Taú et karaná, Luisón, est le dieu de la mort. Il a l’apparence d’un loup-garou que l’on retrouve à errer autour des cimetières en quête de chair pourrie. Son odeur est à la fois celle de la mort et celle de la pourriture. Les légendes racontent que le toucher provoque la mort imminente. Chez les familles guaranies, on dit du septième enfant de sexe masculin qu’il a hérité de la malédiction de « Luisón ».