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La tannerie au Paraguay

Le travail du cuir fait partie de l’identité paraguayenne.

Généralités sur le cuir

Depuis son origine, l’homme a utilisé les peaux des animaux pour s’habiller et se protéger du froid. De nos jours, le cuir s’utilise dans divers secteurs, comme dans la production de chaussures, d’accessoires équestres, de meubles et autres articles à usage domestique. Il est l’un des matériaux les plus polyvalents.

Par définition, la tannerie est l’atelier où le tannage s’effectue. Les peaux d’animaux tel le bœuf, le mouton, le cochon ou encore la chèvre, sont traitées dans le but de produire du cuir. La texture et la qualité du cuir dépendent de plusieurs facteurs :

– Des habitudes et conditions de vie de l’animal, de son âge et du soin qu’il lui a été porté durant sa croissance.

– De l’importance de l’état de conservation des peaux, de l’accessibilité des outils et des conditions des ateliers qui sont nécessaires à sa production.

– Des connaissances et des techniques mises en œuvre des tanneurs.

Actuellement au Paraguay, il existe deux types de tanneries. D’une part, les tanneries modernes qui produisent la majeure partie du cuir à l’échelle nationale et d’autre part les petites tanneries situées à l’intérieur du pays travaillant le cuir avec des produits d’origine naturelle et de manière artisanale. À titre d’exemple, la production de ces petites tanneries s’élève à 400 cuirs par jour.

Le marché du cuir au Paraguay

Comme bien d’autres matières premières, le cuir a été travaillé et transformé par les Européens du Paraguay. Nombreux tanneurs et cordonniers sont présents au cœur de la province d’Asunción. Pourtant, jusqu’au début du XVIIe siècle, ces activités ne sont pas destinées à être exercées à grande échelle mais plutôt à répondre aux besoins propres à chacun. De la douzaine de cordonniers présents à Asunción à cette époque, aucun n’a souhaité développer son activité à des fins commerciales. Comme si les colons paraguayens allaient à l’encontre de l’enrichissement et du développement de l’ensemble de la Province, en freinant ainsi le développement des activités manufacturières.

De nos jours, le Paraguay est un pays dont le bétail représente approximativement 6,3 % du PIB. Le pays compte environ 7,8 millions de bœufs, 430 000 moutons et 2,1 millions de porcs. Il existe une variété importante de races, ceci offrant au cuir une large gamme de couleurs. La production de cuir est plutôt irrégulière car elle dépend directement du nombre de réceptions de peaux : le marché du cuir dépend directement du bétail. Ce marché se compose d’un grand nombre d’éleveurs qui vendent les peaux en petites quantités aux principales tanneries du pays. Les tanneries locales, par nécessité et pour couvrir le manque de matières, importent du Brésil, de la Russie, d’Australie ou encore des États-Unis. En effet, le Paraguay exporte la majeure partie du cuir qu’il produit. Dans le cas d’environ 80 % du cuir exporté, il s’agit de peaux rasées, préparées, prêtes à être travaillées.

On peut distinguer deux types de cuir. D’une part, nous avons le cuir obtenu des estancias à Asunción et ses environs, où il l’accent est mis sur l’importance du contrôle sanitaire et du soin porté à l’animal. Le cuir y est de bonne qualité. Et d’autre part, il y a le cuir provenant des tanneries se trouvant à l’intérieur du pays, dont il est important de noter que la qualité est moindre que celle de la capitale. Cependant, depuis près de 40 ans, la tannerie San Miguel de Yaguarón par exemple produit des cuirs d’excellente qualité. En 2006, elle a même reçu le prix national de la production la plus respectueuse au niveau environnementale.

Si vous souhaitiez offrir un souvenir typique de votre voyage au Paraguay, pensez au verre à tereré ! Ce récipient destiné à recevoir la boisson nationale, est composé de métal à l’intérieur et recouvert de cuir à l’extérieur.