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Ethnies et peuples natifs au Paraguay

Le Paraguay compte près de 19 peuples autochtones, regroupés entre 531 communautés. Le peuple indigène guarani est le plus important, il représente plus de 112 000 personnes.

C’est dans la région du Chaco que l’on compte la plus grande communauté indigène, en particulier dans les départements de Présidente Hayes et de Boquerón. La famille des Guaranis constitue la plus grande communauté indigène dans le pays, concentrée  dans la région orientale.

L’État paraguayen a inscrit dans la Constitution le guarani comme langue officielle. Le Paraguay est l’un des rares pays sud-américain où une langue indigène a été reconnue au même titre que l’espagnol. La langue guaranie est comprise et parlée par plus de 90 % de la population paraguayenne.

On regroupe les peuples indigènes selon 5 familles linguistiques :

  • Le Guaraní (Aché, Avá Guaraní, Mbya Guaraní, Paĩ Tavyterã, Guaraní Ñandeva, Guaraní Occidental)
  • Le Maskoy (Toba Maskoy,Enlhet Norte, Enxet Sur, Sanapaná, Angaité, Guaná)
  • Le Mataco Mataguayo (Nivaclé, Maká, Manjui)
  • Le Zamuco (Ayoreo, Ybytoso, Tomárãho)
  • Le Guaicurú (Qom)

Les indigènes peuplaient le Paraguay bien avant l’arrivée des conquistadors. Les premiers contacts avec les Espagnols ont eu lieu dès 1524. La rencontre entre les explorateurs et les communautés indigènes s’est dans un premier temps effectuée de manière pacifique. Au 16ème siècle, on comptait près de 400 000 guaranis répartis sur une grande partie du territoire. Cette communauté a été progressivement asservie par les colons espagnols. Dans la région du Chaco, on dénombrait à la même période 180 000 chaqueños. C’est dans cette zone reculée que la population s’est le plus opposé à l’invasion espagnole. La guerre de la Triple Alliance qui a duré jusqu’en 1870 s’est soldée par l’appropriation des terres indigènes par le gouvernement en échange de l’obtention de la nationalité paraguayenne. Ces communautés ont alors perdu leurs terres familiales, qui ont été revendues par l’État à des étrangers.

Les communautés indigènes ont été dépourvues de leurs possessions, confinées dans des espaces réduits. Les inégalités entre les autochtones et non-autochtones se sont accentuées, d’autant plus que seuls les Paraguayens possédant un bien de propriété pouvaient voter. Les autochtones sont alors exclus de la vie politique. La discrimination envers des autochtones s’est renforcée sous la dictature militaire d’Alfredo Stroessner de 1954 à 1989, où les droits indigènes ont été bafoués.

Bien que la Constitution ait été modifiée afin de mieux prendre en compte les droits des autochtones, il existe toujours un manque de reconnaissance à leur égard. Les communautés indigènes continuent d’être discriminées par la société et par l’État. Ces populations sont marginalisées et vivent dans une pauvreté parfois extrême. Les peuples indigènes possèdent seulement 4 % des terres du Chaco, alors qu’ils représentent 30 % de la population de cette région. Aujourd’hui, ces communautés sensibilisent et entretiennent la culture indigène paraguayenne au travers de musées, d’expositions et d’événements folkloriques.